Dior, les couleurs de l’enfance

L’exposition Christian Dior, à la recherche des couleurs de l’enfance explore les fondements esthétiques de la maison Dior en revenant à ses origines granvillaises, matrice d’un imaginaire que Christian Dior transmettra à l’ensemble de ses créations, de la mode aux parfums en passant par les arts décoratifs. Après sa disparition en 1957, cet héritage sensible et visuel sera réinterprété par les directeurs artistiques qui lui succéderont.
À Granville, au début du XXe siècle, le jeune Christian Dior grandit dans la villa Les Rhumbs, dont le jardin luxuriant, ouvert sur la mer, nourrit durablement son univers créatif. Entre l’atmosphère paisible de la propriété familiale et l’animation de la station balnéaire, se dessinent déjà les thèmes qui irrigueront son œuvre : la nature, la lumière, les fleurs, l’élégance et l’évasion.
Sous la plume de Laurence Benaïm, le chapitre « Un balcon sur le monde » est illustré par deux couvertures emblématiques du magazine ELLE photographiées par Lionel Kazan.
La première présente le mannequin Capucine vêtue d’un cardigan en jersey associé à une jupe plissée en alpaga, complétés par une veste et un chapeau issus de la collection Boutique printemps 1955 de Christian Dior (ELLE n°493, 23 mai 1955).
La seconde met en scène Gunilla Pontén portant le tailleur veste-robe Anglomanie, issu de la collection haute couture printemps-été 1955 (ELLE n°481, 28 février 1955). La légende de la couverture du magazine : « Strictement 55, le nouveau tailleur robe de Christian Dior, en prince de galles noir et blanc, qui résume la nouvelle ligne A. La robe sweater à décolleté carré aune jupe large toute plissée. la veste à épaules étroites, à taille effleurée, est plus longue dans le dos. poches hautes et revers classiques, béret de vannerie naturelle.»
À travers ces images, Kazan saisit l’élégance moderne du style Dior et son ouverture sur le monde, entre raffinement parisien et horizons lointains.