Lionel Kazan raconté par sa fille… Alexandra Kazan

« Les chats griffent, les photos graphent affirmait Delphine Seyrig dans l’émission Dim Dam Dom dans les années soixante. Les photographies de Lionel Kazan sont, à l’inverse, des caresses pour les yeux qui veulent bien les regarder. » déclare l’historien de mode Olivier Saillard en avant-propos.

« C’est une chose de porter un projet, une autre de le mettre en forme ! J’avais des photos, j’en cherchais d’autres encore, j’avais une idée, un souhait. Mais quelle forme donner à tout cela ? Je savais ce que je ne voulais pas… C’était un début. » Ainsi Alexandra Kazan exprime son souhait d’un livre hommage à ce père aimé et mystérieux et à son œuvre photographique méconnue.

Ce livre-hommage consacre un grand photographe de mode et portraitiste des années 1950 et 1960 : Lionel Kazan.
Comme l’exprime si bien la journaliste Sophie Fontanel : « It means: how flabbergasted was my friend Alexandra Kazan when she found out that her father was such a important photographer… »

Chronologique, l’ouvrage est une invitation à retraverser trois décennies à travers l’œil d’un photographe : une peinture de l’atmosphère socio-culturelle, des styles vestimentaires, des icônes mais aussi des coulisses d’un métier, entre shootings et studios.

On découvre ceux qui ont croisé la route de Lionel Kazan : le réalisateur Marc Allégret, qui lui offrira son premier appareil photo à l’âge de douze ans, la fondatrice du Elle, Hélène Lazareff, le directeur artistique du Vogue américain Alex Liberman. On écoute ceux qui ont participé au monde de la mode : mannequins comme Bettina Graziani ou celle qui deviendra sa femme, Pia Rossilli, rédactrices comme Claude Brouet ou Marie-Thérèse des Cars, photographes et amis, comme Gilles Bensimon ou Jean-François Clair, publicitaires comme Jean Feldman.

Lionel Kazan participe à la civilisation de l’image. Ses photographies ont valorisé les robes des grands couturiers français et leur style des années 1950, 1960 et 1970, de l’âge d’or de la haute couture à l’essor du prêt-à-porter, de la femme stylisée à la femme libérée, du New Look de Christian Dior au smoking de Saint Laurent en passant par la robe cinétique de Cardin.

Ainsi, alternant documents d’archives, planches-contacts, tirages et couvertures de presse, le livre est riche de clichés inédits.

Lionel Kazan photographe, raconté par sa fille… Alexandra Kazan, LIENART édition, bilingue français-anglais, 24 x 29 cm, 280 pages, 355 illustrations, cartonné, avril 2016, 40 €.

[ Visuel de couverture « Serre-tête et torpedo », foulard de Paulette, Nouveau Femina, n° 5, juillet 1954 © Lionel Kazan ]